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Field notes, Français

1iere rapport par bloggeur invite Peter Lambertz (traduction française)

Dimanche 17 heures,

Kingabwa, à table à l’extérieur de notre parcelle. Il n’y a personne autour, une situation bizarre. J’entends les oiseaux, les enfants jouent, quelqu’un répare une table à la porte d’à côté avec un marteau et des clous, des cris au loin (il y a le football à la télévision: Kinshasa – Lubumbashi) et le bruit de fond général de la ville. Aussi le Rumba de l’un des voisins qui n’est pas allé ce dimanche après-midi à l’un des bars de la proximité.

Cohette, la rue de «l’ambiance» (des bars et de lieux de danse informels), à 5 minutes d’ici, est plus sûr aujourd’hui. La police y a vaincu les Kuluna (gangs de rue) comme on m’a dit. L’année dernière, personne ne voulait vraiment rester là avec moi. J’ai été deux fois là déjà dans la première semaine de mon séjour ici.

C’est fantastique! Être assis, regardé, respiré, écouté, un Primus, regardé, j’ai le sentiment, je dois dire, d’être chez moi. François, qui était venu avec moi, m’avait rejoint dans un voyage à vélo à travers le Bas-Congo à Muanda l’année dernière. Il travaille comme Wewa ici à Kinshasa. Wewa est un terme ciluba pour ‘Toi’. On le crie pour appeler un taxi moto dont les conducteurs sont réputés parler ciluba parce qu’ils ont déménagé du Kasaï après la chute des prix du diamant (en 2008?) et ont investi leur capital dans des motos.

Je suis moi même appelé Wewa ou Mundele Wewa tout le temps, partout où je vais avec ma moto chinoise. Donc le prix du diamant a déterminé ma nomination publique ici, intéressant …

Il y a huit mois maintenant que j’ai quitté Kinshasa. L’aéroport a été différent, il y avait des chariots. Les Chinois n’ont pas été en mesure de terminer les travaux routiers de l’Av. Kulumba, à côté d’ici (j’ignore les raisons).

Il y a des tas de terre obstruant la moitié de la route maintenant, comme les dunes de poussière conquises par les commerçants pour exposer leurs marchandises.

Le boulevard Lumumba est maintenant un immense champ de macadam. Contrairement aux petits boulevards qui sont parallèles. L’éclairage public sur l’av. Poids Lourds-est foutu pour la deuxième fois. Il y a beaucoup de petits changements qui pourraient être cités …

Les moustiques sont maintenant autour. Mont-Sinaï (Église de Réveil à l’arrière de notre maison) commence à prier. Moi-même je vais passer ce dimanche matin avec Egl. Messianique Mondiale (EMM), «ma propre église” (objet de ma recherche), non loin du boulevard du 30 Juin à Gombe où ils ont leur siège social en RDC.

C’était un service spécial, car il y a précisément 80 ans que fondateur de l’’eglise  Mejsu Sama avait reçu sa révélation sur une montagne japonaise et a fondé le mouvement (= EMM) à vocation mondiale. Après avoir rencontré des nombreux ba-Messianiques (les adeptes EMM) pendant la semaine déjà, il était superbe de voir tous les responsables et les membres encore une fois. C’était extrêmement chaleureux et accueillant!

Beaucoup d’infos à propos du millénarisme de EMM; la chorale a continué à écrire des chansons sur Mejshu Sama (“véritable Seigneur de la lumière”: le fondateur), la venue du paradis sur terre, et les ancêtres (très important pour EMM).

L’ancien chef chanteur (et compositeur surdoué), également membre du personnel inférieur, a dû quitter le mouvement (j’ignore la raison exacte pour l’instant).

Il y avait trois «témoignages de foi» ( c’est-à-dire les témoignages individuels au sujet des rêves, des miracles et de la puissance de guérison de Johrei – la technique de guérison du mouvement – etc.)

Deux d’entre eux, au moins, je pourrais les utiliser et j’aimerais les regarder plus attentivement (j’ai enregistré toute la session, noté le contenu général et l’heure du début de chaque partie). Les témoignages font référence également aux frictions avec les «autres», mouvements,  c’est-à-dire, à tous ceux (principalement chrétiens) qui pensent les baMessianiques comme des magiciens et les accusent des pratiques «occultes», une accusation qui fait rire le mouvement et qui est plutôt pris comme un compliment … Pendant les témoignages ils semblaient apprécier la provocation que leurs messages et les pratiques produisent dans la sphère religieuse plus large, sachant que ce qu’ils font n’est pas vraiment très différent de ce que les chrétiens font.

C’est certainement le pasteur à la voix rugueuse (je l’appelle Gargamel) qui prêche et prophétise derrière notre maison. Ils doivent avoir un générateur d’électricité, car l’électricité est juste partie. Papa Wemba est aussi entrain de chanter plus loin probablement à travers les hauts parleurs de la cohette, la rue des bars.

Après le service, ce matin, je me suis approché de l’homme assis en face de moi. Il était venu à la fin, avait «osé» prendre la dernière chaise vide à l’intérieur et il était fier de porter un grand crucifix sur une chaîne en or autour de son cou. C’était un prophète de Kananga qui, dans les années 1990, avait fondé là bas son propre mouvement charismatique “catholique”. Il avait découvert il y a environ une demi année à Kananga la EMM et adore son caractère “œcuménique”.

Il essaie toujours à examiner mes notes (Il semblait comme moi en prendre). J’ai aussi pris des photos de lui posant (comme il le voulait) en donnant la lumière (=la technique de guérison de Johrei) en face de la Goshintai, le rouleau saint de l’église (une calligraphie japonaise).

Une rencontre fantastique! Il m’a parlé de la similitude entre l’imposition de la main comme un prophète chrétien en touchant la tête des gens, avec Johrei de l’EMM qui transmet la même puissance divine dans une autre forme, en tenant la main à distance. Il s’est référé à la Bible pour expliquer ces pratiques …

Après le service, j’ai parlé à un garçon souffrant du Mbasu (une maladie de la peau causée par les attaques spirituelles). Il était apparemment un danseur d’une compagnie de danse traditionnelle très célèbre. J’avais photographié sa jambe l’année dernière déjà, mais elle avait clairement amélioré, grâce à Johrei …

J’ai eu une bonne conversation avec lui et je vais le rencontrer encore. Autant de gens que j’ai rencontré et avec lesquels je vais rester en contact et intensifier les conversations.

J’ai déjà trop écrit et je n’ai pas encore mentionné ma visite la semaine dernière à la branche de méditation du  centre de Brama Kumaris à Kinshasa, (appelée yoga).

J’ai eu au total environ 7 entrevues jusqu’ici et des nombreuses discussions.

Je n’ai pas encore non plus mentionné les pratiques florales du EMM (ikebana – l’art japonais d’arrangement des fleurs) avec leur signification locale (aussi  intéressant que je pensais).

Il était particulièrement agréable aussi de rencontrer de nouveau Ekunde, le peintre qui m’a introduit à l’EMM. Demain, je vais rencontrer un expert de fleurs EMM, puis visiter les installations de la Soka Gakkai International, un NRM bouddhiste japonais, et, si possible, parler à un autre informateur clé de l’EMM.

Le mardi je vais rencontrer un homme âgé qui a été membre de tous les mouvements orientaux ici, je l’avais rencontré au centre (de méditation) yoga.

Pas mal de choses sont à ajouter, mais deux amis sont arrivés et je dois arrêter ici. Beaucoup de salutations à tous ceux qui me lisent!

 

traduit de l’anglais par Julie Ndaya

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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The Congo Research Network (CRN) is a community of researchers working on DR Congo and its diaspora across the Humanities

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